Michael Ferrai

Michael Ferrari : « L’argent m’a apporté une vie plus simple »

Il y a quelques jours, j’ai eu l’immense plaisir et honneur d’interviewer Michael Ferrari, investisseur, entrepreneur et auteur du blog Esprit Riche.

Michael Ferrari fait partie des pionniers de l’indépendance financière en France. C’est également l’un de mes mentors, car c’est lui qui m’a donné le goût de l’investissement et de l’entrepreneuriat.

Depuis la création de son blog Esprit Riche, en 2007, il a parcouru pas mal de chemin et a énormément évolué, que ce soit au niveau personnel ou professionnel.

Aujourd’hui, il fait partie des entrepreneurs et investisseurs les plus connus en francophonie. Pourtant, malgré sa réussite, il a su conserver sa vision de la vie, sans tomber dans le côté « tape à l’oeil ». C’est d’ailleurs un aspect dans lequel je me suis beaucoup retrouvé.

Plutôt que de faire une énième interview sur le montant de son patrimoine ou sur le nombre de lots immobiliers qu’il possède (même si nous allons en parler), j’ai pensé que ce serait très intéressant de l’interroger sur son parcours, depuis 2007.

En effet, j’étais très curieux d’avoir son retour d’expérience sur des éléments tels que le mindset, son approche de l’investissement, l’équilibre vie privée et vie professionnelle, ainsi que d’autres aspects de la vie d’un investisseur et d’un entrepreneur.

Je vous propose donc de découvrir les conseils avisés de Michael dans cette vidéo.

Transcription de la vidéo

Julien Loboda

Bonjour à toutes et bonjour à tous. Je suis ravi de vous retrouver aujourd’hui dans cette nouvelle vidéo dans laquelle j’ai l’immense plaisir d’accueillir un invité de marque, Michael Ferrari.

 

Michael Ferrari

Bonjour.

 

Julien Loboda

Bonjour Michael.

Je suis particulièrement ravi de vous proposer cette interview aujourd’hui parce que, vous ne le savez peut-être pas, mais Michael fait partie, déjà, des pionniers de l’indépendance financière en France, et fait aussi partie des personnes qui m’ont donné le goût d’investir et le goût d’entreprendre.

Donc je suis particulièrement content de t’avoir aujourd’hui sur la chaîne YouTube.

Dans cette interview, on va parler un peu plus de l’aspect humain que de l’aspect financier de la chose et tu vas nous expliquer un petit peu comment, depuis 12 ans maintenant que tu t’es lancé, les choses ont évolué pour toi et faire un petit peu un retour d’expérience aussi là-dessus.

Donc si le sujet vous intéresse, restez avec nous et on se retrouve tout de suite après le générique.

Michael merci encore à toi d’être présent sur la chaîne aujourd’hui.

 

Michael Ferrari

Avec plaisir !

 

Julien Loboda

La première question que je voulais te poser, pour les personnes qui ne te connaissent pas encore.

  • Est-ce que tu peux rapidement te présenter ?

Tu es le créateur et auteur du blog esprit-riche.com.

  • Est-ce que tu peux te représenter un petit peu pour qu’on ait une vision d’ensemble de ce que tu as accompli en termes d’investissements et d’entreprenariat ?

 

Michael Ferrari

Oui. Alors comme tu le dis, j’ai créé Esprit Riche il y a 12 ans.

Ça a été mon véhicule vers l’entreprenariat.

Au départ ce n’était pas un business, donc ça m’a permis de créer une véritable boîte autour de ça. Et en parallèle j’ai développé plusieurs aspects dont effectivement l’investissement immobilier.

Aujourd’hui je possède 45 lots, que j’exploite en location, plutôt longue durée, pour la plupart ont des colocs.

Et puis je développe un portefeuille bourses.

En fait aujourd’hui je suis partagé entre :

  • De l’entreprenariat
  • Un petit peu de gestion de mon patrimoine
  • Et surtout de la gestion de mes investissements

 

Julien Loboda

Ok. Et dans l’ordre quelles ont été les étapes ? Par quoi tu as commencé ?

Tu as commencé directement par l’entreprenariat ? Ou plutôt l’immo’ ? Et comment tout ça s’est articulé ? Puisque j’ai le souvenir, si je me réfère à mes souvenirs, qu’il y a une époque où tu n’étais pas fan de la bourse, de mémoire.

 

Michael Ferrari

Ouais bien sûr ! Au début. Et c’est dans un des premiers articles sur le blog d’ailleurs dans lequel je raconte que je ne suis pas fan de l’aspect bourse. C’est quelque chose que je ne maitrisais pas du tout à l’époque.

Là aujourd’hui j’en maitrise on va dire une méthode assez précise. Je n’ai pas la prétention d’être un super investisseur boursier, mais j’ai ma méthode avec les Dividendes, les ETF, et un peu d’analyses financières que je maitrise.

Mais au départ ce n’était pas le cas.

  • Donc j’ai commencé par d’abord entreprendre.

Ça a été ma porte d’entrée. C‘est ce qui m’a permis déjà de beaucoup progresser sur pleins d’aspects professionnels, techniques, personnels… C’est ce qui m’a vraiment permis d’avancer.

  • Et dès que j’avais atteint un premier palier sur cet aspect-là des choses, j’ai commencé par l’immobilier.
  • Et quand dans l’immobilier je me sentais un peu plus à l’aise, j’ai rajouté la partie bourse que j’ai développée, et que je suis toujours en train de développer.

Je suis toujours en train d’apprendre.

Je suis en ce moment même en train de suivre un cursus au près d’HEC sur l’analyse financière de l’entreprise.

Je suis constamment en train d’apprendre.

On va dire que j’avais initié ces différents piliers et puis je suis en train, toujours, de les perfectionner, d’apprendre, et d’avancer.

 

Julien Loboda

D’accord. Et finalement j’imagine que ça s’auto-alimente.

 

Michael Ferrari

Oui. Après avec le temps j’ai un peu élaboré mon modèle, qui est en fait un écosystème un peu idéal pour moi, dans lequel tu as un business qui t’apporte non pas forcément de l’argent, mais simplement de la caution vis-à-vis des banques qui va les rassurer, leur donner confiance.

Tu vas pouvoir lever de la dette, tu fais de l’immobilier. Et si ton business te rapporte assez, l’argent tu le passes en bourse.

Donc pour moi c’est un écosystème parfait tu vois.

Il y a vraiment un lien entre tout ça, avec quelques idées derrière, un peu fondamentales, qui consistent à dire que l’immobilier, pour moi, il vaut mieux le faire avec de la dette et non avec son argent personnel.

Donc quand tu as de l’argent, tu le places en bourse parce que tu as envie de le faire travailler cet argent-là, ou sur des projets à moyen terme, mais pas dans l’immobilier en direct, qui peut être finançable.

 

Julien Loboda

Oui, surtout en France où tu peux financer ça à 110%.

 

Michael Ferrari

En France où c’est, comme je le dis à chaque fois, en France on a une chance incroyable ! Les personnes qui se plaignent de ne pas avoir assez de financement ou que le taux c’était 1.95 au lieu de 1.65, franchement on s’en fou.

C’est du détail, c’est du pinaillage, ce n’est vraiment pas le sujet en fait.

 

Julien Loboda

C’est vraiment le point de détail sur lequel tout le monde se focalise alors que le truc important est de l’autre côté.

 

Michael Ferrari

Le truc important c’est que la banque va financer 110% de l’acquisition et on ne va potentiellement rien mettre ou mettre 300 euros de frais de dossier où je ne sais quoi et au regard de ce qu’on récupère, c’est-à-dire un bien immobilier.

 

Julien Loboda

Tu prêches un convaincu.

Justement, puisque tu parles d’immobilier, de banques, de financements, tu es aussi formateur sur Internet. Et c’est vrai que souvent sur Internet on met en avant le résultat tu vois, la réussite ou le but à atteindre. Mais on occulte assez fréquemment le fait que, alors volontairement ou pas, ça dépend des personnes, le chemin qui est nécessaire.

Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ? J’imagine qu’au début ta vie n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

  • Par quelles étapes tu es passé ?
  • Comment tu t’es organisé au début ?
  • Quelle était une journée type ?
  • Avec quels outils tu as commencé ou quels moyens ?

Pour aider un peu les gens à se projeter, à faire sauter les excuses là-dessus.

 

Michael Ferrari

Quand j’ai démarré le blog, j’étais consultant indépendant. J’avais mes missions de conseils traditionnelles chez le client, avec des horaires de bureau, de 9H à 18H quelque chose comme ça.

 

Donc j’ai démarré le blog en parallèle de tout ça.

Pour te donner une journée type de cette époque-là :

Je faisais ma journée de conseils.

  • Généralement je me levais à 7H.
  • Je passais 1H à bosser sur le blog.
  • Après je partais au bureau.
  • Et quand je rentrais le soir je passais 1 à 2H à travailler sur le blog.

Donc voilà. La journée type c’était ça.

 

Après, j’ai développé des techniques d’efficacité et parfois, selon les missions, selon les clients, j’arrivais à prendre du temps dans la journée, j’arrivais à prendre 1 ou 2H dans la journée en plus pour travailler sur mes trucs.

Donc la journée type c’était des journées un peu à rallonge. Mais parce que tu sais, il y a toujours le truc qui consiste à dire que quand on se lance, est-ce qu’il vaut mieux tout arrêter et lancer un nouveau truc à 100% ou est-ce qu’il vaut mieux faire un biseau, c’est-à-dire que tu as ton activité, et petit à petit tu as une nouvelle activité que tu développes.

Moi j’étais plutôt partisan de la seconde en termes de sécurité financière, ça me paraissait beaucoup plus raisonnable de faire ça.

Donc c’est comme ça que je l’ai fait.

Ce n’est pas forcément le plus efficace puisque forcément tu n’es pas dédié à 100% pour faire ton projet, mais en tout cas moi c’est comme ça que je l’ai fait.

 

Julien Loboda

C’est ce qui te correspondait en tout cas.

 

Michael Ferrari

Voilà, c’est ce qui me correspondait. Et si une personne me posait la question c’est ce que je lui recommandais. De toute façon, si la personne pose la question, c’est qu’elle n’est pas à 100% donc par déduction ce n’est pas un casse-cou donc c’est que c’est la réponse adaptée.

Donc voilà la journée type c’était ça. Travailler énormément.

 

Après il y a eu une deuxième phase, quand j’ai arrêté cette activité de consultant indépendant, où là j’ai libéré mes journées.

Là forcément je faisais des journées un peu plus classiques. Mais après, sachant que moi ce que j’ai toujours fait sur Internet et j’ai toujours trouvé ça passionnant, ce n’est pas juste un job. Ce n’est pas juste on arrive à 9H et on arrête à 18H.

 

À partir du moment où c’est de l’entreprenariat, les frontières deviennent très floues entre le perso’, le pro’. Les questions de limite de temps deviennent beaucoup plus floues.

On peut évidemment mettre des barrières, se fixer certaines règles de fonctionnement pour que ce ne soit pas n’importe quoi, surtout si on a un conjoint qui est salarié ou qui a des attentes et qui par exemple va trouver bizarre que tu travailles le samedi ou le dimanche, ou si tu fais une conférence dimanche à 18H il va trouver ça super bizarre, voilà ce genre de truc.

Il faut fixer certaines règles.

La deuxième phase où j’étais dédié purement à l’entreprenariat, c’était d’une certaine manière plus simple, mais, même aujourd’hui, je bosse pas mal.

Alors aujourd’hui je bosse beaucoup moins qu’il y a 2 ou 3 ans. Mais je bosse encore pas mal parce que j’aime bien ça.

Pour répondre à ta question, le message c’est qu’il y a eu 6 – 7 ans où je bossais énormément, non-stop, et j’avais quelques loisirs à côté mais c’était vraiment peu de choses.

J’étais dédié à mon business.

 

Julien Loboda

T’étais focus sur ton business.

 

Michael Ferrari

Oui j’étais focus sur mon business. C’est ce qui, je pense, a contribué au résultat.

 

Julien Loboda

Oui bien sûr. D’accord. C’est intéressant.

Du coup tu as soulevé un point important que je voulais aborder.

Tu parlais de poser des limites, surtout quand tu as un conjoint ou une conjointe qui es salarié ou qui, sans forcément l’être, est un peu plus dans un cadre « classique » on va dire, toi tu es père de famille, comment as fait, comment tu fais, pour réussir à concilier les 2, et justement emmener ta famille sur la même direction que toi sans que tu sois pris pour un fou qui va faire une conférence à 18H le dimanche par exemple.

 

Michael Ferrari

Déjà j’ai une grande chance, c’est que ma femme m’a toujours soutenu dans ce que je faisais. Ses parents étaient commerçants et ont arrêté leur activité donc étaient commerçants indépendants. Donc elle a toujours eu ce truc de l’indépendance.

Alors indépendance des fois ça veut dire galères hein aussi. Ça ne veut pas forcément dire liberté et argent à volonté.

Elle a toujours eu cette volonté donc elle comprenait. Elle n’a jamais été salariée, toujours indépendante. Donc elle comprend toutes les contraintes, les aléas qu’il peut y avoir dans l’entreprenariat.

Ça c’était une grande chance.

Après, c’est une question de communication. Énormément. Déjà dans le couple, c’est d’avoir des objectifs communs. C’est-à-dire d’expliquer pourquoi je vais faire cette conférence dimanche, quelle est la vision derrière, pourquoi on la fait, qu’est-ce qu’on est en train de développer. Et quel est le lien pour le couple.

C’est bien d’expliquer tout cela.

Et après de fixer des règles. Qu’est-ce qui est OK ? Qu’est-ce qui n’est pas OK ? Dans le fonctionnement du couple en termes d’horaires, en termes de disponibilités.

 

Tu vois moi aujourd’hui j’ai 2 enfants, j’ai envie de les voir tu vois, de passer du temps avec eux. Donc je ne peux pas bosser toute la journée, non-stop jusqu’à 22H. Je n’ai pas envie de le faire.

J’ai envie de faire des breaks, j’ai envie de passer du temps avec eux quand ils sont dispos’.

C’est de s’autoriser aussi à beaucoup de souplesse dans son agenda, surtout si on a été salarié avant, qu’on a été assez formaté sur ce truc « être occupé VS être efficace ».

Donc on a souvent ce travers. Je le sais, je l’avais beaucoup. Je l’ai un peu moins maintenant mais je l’avais beaucoup, de se dire « Il faut faire des journées de travail ». Tu commences à 9H et tu termines à 18H. Faut faire ta journée de travail.

Alors que des fois, c’est peut-être plus efficace de se dire « je fais la matinée, je vais faire que les trucs importants, je vais faire que la matinée, et l’après-midi je vais faire autre chose ».

 

Julien Loboda

T’autoriser à lâcher prise un peu en fait.

 

Michael Ferrari

Oui voilà, à faire autre chose. Quand tu n’es plus en mode lancement survie, quand tu lances un business tu es en mode lancement survie. Donc tu ne fais pas ça au début.

Mais tu vois, quand ton business est à un certain niveau de maturité, qui commence à y avoir de l’inertie, t’es un peu moins en mode survie, tu vas peut-être déléguer beaucoup de choses. Ta présence n’est pas aussi indispensable à tout moment qu’elle l’est au départ.

Donc le fait d’avoir ces réflexions-là et puis de faire des choix dans mon emploi du temps a beaucoup aidé à faire en sorte que ça fonctionne dans le couple, que ce soit accepté et au contraire, que ce soit même un avantage.

 

Un truc tout bête par exemple.

Moi j’aime bien la liberté que ça procure l’entreprenariat. Donc typiquement une des libertés que ça offre c’est d’aller faire des activités, des balades, des choses quand la plupart des gens sont au travail.

Typiquement c’est ce qu’on fait. On va s’autoriser à se dire qu’on prend un jour dans la semaine, on va visiter une ville ou faire un truc que normalement tu te dirais, de manière logique et rationnelle, ce n’est pas cohérent quand tu as un business de te dire que tu prends une journée.

Là on va le faire. Et puis en fonction de mes besoins, soit je bosserais peut-être plus en reprenant une matinée dimanche pour compléter si j’ai un truc à terminer, soit tant pis c’est juste une journée qu’on a pris sur la semaine et voilà.

C’est aussi de montrer à ton conjoint les bénéfices.

S’il n’a que les contraintes de dire « En fait t’es tout le temps pris sur ton ordinateur ou sur ton téléphone et qu’en plus des fois le dimanche soir tu fais des conférences et des machins. », qu’il y a que des contraintes, c’est dur à accepter.

Il faut aussi montrer les avantages pratiques en termes d’organisation et de souplesse que ça peut apporter.

 

Julien Loboda

D’accord. C’est extrêmement intéressant. Parce que c’est vrai que si, comme tu dis, tu ne montres que le côté négatif, que les contraintes…

 

Michael Ferrari

Bah oui, il faut se mettre à la place de l’autre, qui se dit « Ok peut-être que ce serait mieux si tu reprenais un job de salarié, au moins on aurait de vraies vacances ! De vraies vacances où ne t’es pas sur ton truc. »

Après c’est toujours une question de phase.

Quand on est entrepreneur, surtout quand on lance son activité, ce n’est pas le moment où on a ce genre de réflexion. On est en mode lancement survie, couteau entre les dents, on bosse, on envoie tout ce qu’il faut envoyer pour que ça marche. C’est aussi dire au conjoint « Là c’est la période de lancement, il y en a pour 1, 2, 3 ans. C’est pas le moment. Après oui. »

 

Julien Loboda

Il faut déjà avoir cette vision pour l’autre à 2, 3 ans comme tu dis.

 

Michael Ferrari

Oui voilà, c’est pour ça que je dis bien qu’il faut bien partager les objectifs. Pourquoi on le fait. Qu’est-ce que ça va nous permettre de faire.

Si par exemple le conjoint aime voyager, ça va lui parler si vous lui dites « Une fois que ce sera lancé, on pourra s’autoriser à voyager, à être itinérant, à travailler en camping-car. », un délire qu’on peut avoir. Faire des trucs où la personne se dit « Ok, j’en vois l’intérêt. »

 

Julien Loboda

Oui, il faut qu’il lui donne un objectif quoi. D’accord. Si on reparle un peu d’immobilier, tu as dit que tu avais un peu plus de 40 lots aujourd’hui, principalement la longue durée.

 

Michael Ferrari

Oui.

 

Julien Loboda

Déjà, j’aimerais savoir :

  • En combien de temps tu les as acquis ?
  • Est-ce que ça s’est fait de façon linéaire ou est-ce qu’il y a eu des creux et des périodes un peu plus productives dans l’acquisition ?

Et une question qui est intéressante justement dans le fait de se dégager du temps :

  • Est-ce que tu as géré tout toi-même ?
    • Si oui combien de temps ?
    • Si non comment tu t’es organisé ?
  • Et comment aujourd’hui tu gères un parc de 45 lots à l’heure actuelle ?

 

Michael Ferrari

Alors ça s’est fait en dents de scie.

J’ai fait le premier projet en 2011. Ça remonte un petit peu. Et après ce premier projet je n’ai rien fait pendant 3 ans.

J’ai fait le premier, j’étais consultant à l’époque donc j’étais assez pris sur les missions clients. J’avais des missions intéressantes. Je travaillais sur le blog. Donc j’étais beaucoup là-dessus.

Et après, à partir de 2014, en gros, c’est pour ça que je dis souvent que j’ai fait mon parc en 4 ans, soit en gros entre 2014 et 2018, j’ai fait le reste.

Donc il y en a eu 1 il y a longtemps et puis le reste en 4 ans.

 

Dans ma stratégie, je voulais concentrer l’essentiel de mes projets au même endroit, dans l’optique de déléguer.

Je n’ai jamais été dans une optique de me dire « Je vais me créer un job avec l’immobilier ». L’immobilier pour moi c’est vraiment une activité annexe, voire des fois j’exagère un peu en disant que c’est un loisir que j’ai à côté. Pour moi c’est un truc annexe.

C’est vrai que souvent, les gens qui ne me connaissent pas trop se disent que je fais de l’immobilier, mais c’est vraiment un truc annexe pour moi.

J’en fait un peu tous les jours.

J’ai un gestionnaire que j’ai mis en place. C’est un indépendant avec lequel je travaille, que j’ai identifié, que j’ai formé. Je lui ai définis les processus et il applique.

Moi je suis en soutien opérationnel pour lui mais l’essentiel c’est lui qui le fait sur le terrain.

Et plus on avance, plus on évolue dans notre relation et dans ce que l’on met en place, plus je lui délègue des aspects dans la gestion.

Ma vision a toujours été de dire « Je veux avoir un volume suffisant pour pouvoir déléguer à une personne. »

 

Julien Loboda

D’accord. Parce que cette personne n’est dédiée qu’à ton activité c’est ça ? Ou elle fait d’autres choses à côté ?

 

Michael Ferrari

Non elle fait d’autres choses à côté. Mais ma vision idéale à termes c’est qu’il y ait une personne dédiée entièrement.

 

Julien Loboda

D’où l’intérêt de tout regrouper au même endroit dans la mesure du possible.

 

Michael Ferrari

Oui. Si tu éparpilles on ne peut pas faire ça. Pour moi je crois plus à la force de l’intégration, de bien maitriser ton tissu artisan – banque en local.

Donc ça nécessite de tout gérer de cette manière-là.

 

Julien Loboda

Ouais c’est intéressant. Ça veut dire qu’en amont, tu avais déjà identifié tes objectifs.

 

Michael Ferrari

Oui, au début, 4 ans avant, à me dire que c’est ça qu’il faut faire, atteindre une cinquantaine de lots. T’as une masse critique qui fait que t’as certaines économies d’échelles que tu peux commencer à faire.

Sachant que tu vois, une cinquantaine de lots à gérer c’est du travail mais ce n’est pas de la folie.

Une personne dans une agence classique gère 300 lots. Mais elle ne fait que la partie administrative. Là, lui est sur le terrain aussi.

 

Julien Loboda

Ouais donc ça veut dire que si jamais tu as besoin de faire des choses aussi variées que réparer une chasse d’eau ou bien faire un état des lieux de sortie, rénover un appartement complet, c’est cette personne qui va être ton relai sur terrain.

 

Michael Ferrari

Oui. Lui ne fait pas les travaux mais il va accueillir les artisans pour qu’il fasse les devis, faire les échanges avec eux. Il va être vraiment mes oreilles et mes yeux sur le terrain.

 

Julien Loboda

D’accord. C’est intéressant. C’est extrêmement intéressant.

Donc on remonte en 2007 quand tu t’es lancé vers l’indépendance financière, quand tu as commencé avec le blog et à partager ça. Ça fait quand même un sacré bout de temps maintenant. Ce qui m’intéresse du coup c’est de savoir un petit peu ce qui a changé depuis 2007 dans ta vie.

  • Est-ce que tu as toujours eu cette vision de la vie que tu as aujourd’hui ?
  • Est-ce que tu te disais « C’est ça que je veux » et tu étais focus ?
  • Ou est-ce que, tout en étant ambitieux, tu ne t’imaginais pas arriver à ce niveau-là ?
  • Qu’est-ce que tout ça finalement t’a apporté d’une façon générale ?

 

Michael Ferrari

C’est intéressant de revenir dessus.

Quand je me suis lancé, je ne suis pas un adepte de développer la vision, tu sais quand on te dit qu’il faut faire un vision board avec des images et des machins. Moi je n’ai jamais été accro à ça. Je ne dis pas que ça ne marche pas, je dis juste que ça ne marche pas avec moi.

J’ai du mal à visionner les choses à l’avance.

Par contre, en 2007, on était dans les fondamentaux humains. Tu as les gens qui sont attirés vers quelque chose et tu as les gens qui fuient quelque chose.

Moi j’étais vraiment dans la fuite. Je ne voulais pas être salarié. Je ne voulais pas faire des jobs comme ça, plus ou moins intéressants, même si j’avais des postes plutôt cools, mais avec des missions variables où tu ne maitrisais pas beaucoup de choses.

Et puis je voyais autour de moi. J’observe beaucoup les choses donc je voyais des gens qui avaient 45 ou 50 ans dans mon secteur, qui étaient considérés un petit peu comme des rebus.

Les gens ne vont jamais dire ça parce que ce n’est pas politiquement correct, mais la réalité des choses, quand tu écoutes bien les managers et les RH quand ils en parlent, il y a de la retenue mais se disent « Oui ils ont de l’expérience », mais dans le secteur dans lequel j’étais, ce n’est pas intéressant de travailler avec des séniors comme ça. Il y a beaucoup plus de marge sur des jeunes. Ils sont beaucoup plus malléables, ils sont beaucoup moins chiants. C’est la réalité des choses. Donc ils posaient beaucoup moins de questions.

Il faut quelques séniors managers mais c’est tout.

Ce n’est pas comme un vin, où tu vas te bonifier et prendre de la valeur. Ta valeur se dégrade sur le marché du travail. En tout cas dans ce secteur-là. Ce n’est pas vrai de manière générale mais dans ce secteur-là, pour moi, dans mon métier, c’était le cas.

Donc je me suis dit « Ok, ça, ça ne va pas durer longtemps pour moi, j’ai pas envie de rester là-dedans et de me débattre finalement d’une certaine manière avec ces règles du jeu ».

Mon souhait, mon envie, ont toujours été de dire « Je veux avoir le moins de contraintes possibles ». Ma vision est là. C’est vraiment de respecter cette valeur de liberté.

 

Julien Loboda

D’accord, ta ligne directrice en fait.

 

Michael Ferrari

Oui voilà. Et pour faire le lien avec ce qu’on disait tout à l’heure, avant d’avoir le côté où je me disais « Je veux avoir un gestionnaire et ne pas me créer un job dans l’immobilier », parce qu’investir dans l’immobilier c’est bien, mais si tu ne fais que ça, généralement tu te crées un job ou une activité secondaire.

Donc à partir du moment où je me suis dit « Ok je veux avoir un patrimoine immobilier mais que ça m’apporte de la liberté donc je veux mettre un gestionnaire à ma place », j’ai commencé à me développer une vision.

Mais au départ pas du tout. Au départ c’était vraiment « Je veux arrêter tous ces trucs de contrat de travail à la con ».

Je me souviens d’une fois où j’étais consultant. J’ai été salarié pendant un an et demi à peu près. Pour les gens qui ne le savent pas, dans mon activité de consultant, la société qui t’emploie est presque une boite aux lettres ou une adresse administrative.

  • En gros tu es chez le client.
  • Tu fais la mission pour le client.
  • Ta boite gère le contrat, la relation contractuelle.

Il y a eu une fois où je voulais partir en vacances. Je vois avec le client, qui était ok. Je dis donc à mon boss que je pars en vacances de telle date à telle date. Et il le prend mal en me disant « Ouais mais normalement tu dois demander l’autorisation ». Je lui ai donc répondu que j’avais vu avec le client. Il m’a dit « Non non non c’est pas ça. Tu dois me l’envoyer à moi. »

Donc ça, ce sont des trucs qui ont tendance à m’énerver parce que c’était juste une question d’égo et d’autorité parce qu’en fait j’avais fait ce qu’il fallait faire, c’est-à-dire la demande au client, la personne pour laquelle je travaillais.

Donc ce sont des petites choses comme ça qui font que je me suis dit « Ok, pour moi l’autorité c’est peut-être pas mon truc numéro 1 donc va falloir faire des choses qu’on ne soit pas embêté par ça. »

 

Julien Loboda

Oui, ça me parle beaucoup. Je pense qu’on a vécu la même chose donc je te comprends complètement.

 

Michael Ferrari

Donc pour moi ça a été la fuite ce genre de contraintes, ce genre de truc un peu idiot, un peu arbitraire parfois, où on sent que si tu fais du bon travail on est content mais tu ne peux pas partir avant parce que pour les autres c’est bien que tu sois là jusqu’à 18H quand même.

 

Julien Loboda

Ouais tu fais du présentéisme. Donc tu as cette ligne directrice de « Je veux être libre. Je veux le moins de contraintes possibles. Et au fur et à mesure que tu avances en gardant ça en tête tu t’adaptes et tu vois un peu les nouveaux projets qui arrivent.

 

Michael Ferrari

C’est ça. Je suis beaucoup dans l’idée que tu construis quand même quelque chose en marchant.

Plus tu marches, plus tu fais de pas, plus tu vas pouvoir développer un champ de vision, une compréhension aussi de ce que tu fais. Parce qu’au départ, il ne faut pas se leurrer, quand tu lances un nouveau business, peu importe le secteur, tu ne sais pas trop dans quoi tu te lances en fait. Tu ne le sais quasiment jamais et tu apprends vite en faisant.

C’est vraiment en faisant que tu peux développer une bonne vision des choses.

 

Julien Loboda

D’accord. Alors ça c’est intéressant parce que du coup ça me fait penser à une question. Est-ce que tu t’ais défini un point, une limite, que ce soit en terme de lifestyle ou de revenu, de patrimoine, peu importe, mais pour faire simple, est-ce qu’il y a eu un moment où tu te dis « Je suis arrivé », ou est-ce que tu as perpétuellement des projets, des nouvelles choses qui te viennent où tu te dis « Laissons la porte ouverte le plus possible » ?

 

Michael Ferrari

Moi je ne fonctionne pas en termes d’objectifs. Pour moi c’est un jeu sans fin. Je ne suis pas en train de me dire qu’il faut absolument que je sorte de la partie ou que j’arrête quand j’ai atteins ce truc-là.

Déjà parce que quand tu réfléchis comme ça, il y a des effets collatéraux, notamment c’est assez déprimant si tu te dis par exemple « Dès que j’ai 20 appartements je vais être le roi du pétrole ». Parce que quand on fait ça justement inconsciemment on prend tous les problèmes qu’on a dans la vie, des petits et des gros, et on se dit « Quand j’aurai ça tout pourra être résolu ».

C’est un peu ça la démarche qu’on a tous.

Donc je pense que c’est un biais de résonnement de faire ça parce qu’en gros, quand tu arrives à tes 20 appartements, tu te dis « En fait, j’ai toujours la même vie, mais avec 20 appartements, avec les emmerdes pour gérer 20 appartements ». Tu vois ?

Je pense que c’est plus une construction dans mon fonctionnement. Je suis plutôt sur un mode orienté croissance, apprendre en continu. Et ça, ça n’a pas de fin. Toujours de se dire « J’apprends, je progresse, je développe ». Des fois je réoriente, des fois je me trompe. Des fois on corrige.

C’est un chemin. Il n’y a pas un but précis où je me dis « Si j’atteins tel truc alors là je ferme tout ».

 

Julien Loboda

Quand j’aurais la villa sur la mer avec 3 supercars.

 

Michael Ferrari

Et puis quand tu as la villa sur la mer avec 3 supercars tu te dis « Oh la la quand même ce serait bien d’avoir un jet ». Il n’y a pas de fin.

Là on a pris un exemple pour rigoler et pas réaliste et ce n’est pas forcément matériel parce qu’il y a des gens qui vont dire qu’ils ne sont pas attirés par les voitures ou par les maisons.

Là je dirais « Attendez, quand vous aurez la villa avec le garage vide, ça va vous faire bizarre et vous allez avoir envie de mettre dans choses dans le garage. »

  • Chacun ses besoins. C’est pour dire que les besoins évoluent.

Des fois c’est à l’opposé.

  • C’est aussi dans l’idée de se dire être totalement libéré.

Moi, il y avait un des paliers qui était de me dire « Je veux pouvoir habiter n’importe où et finalement d’avoir des actifs qui paient mon style de vie ».

Ça a été un des paliers importants de se dire que je peux faire un petit peu ce que je veux sans que ce soit d’acheter une montre en or ou des trucs comme ça tous les jours, mais le quotidien, tu peux faire ce que tu veux, c’est tout payé par tes actifs.

Ça c’est un palier où tu te sens vraiment libre.

 

Julien Loboda

Oui tu ne t’orientes pas forcément vers un style de vie luxueux, coûteux et que des choses très chères mais ça fait partie ponctuellement peut-être des plaisirs.

Mais effectivement je te comprends sur le côté de se dire « Je ne me pose pas la question au quotidien de si j’ai envie d’habiter là j’y vais, quand je vais faire mes courses je ne regarde plus combien ça va me couter parce que c’est bon c’est pas un problème ». C’est là où je te rejoins. Sur cette notion de liberté.

 

Michael Ferrari

Ah bah ça je sais que pour moi ça a été un choc.

Pour faire le lien avec ce qu’on disait sur les conjoints, parce que ça c’est ton délire à toi, mais le conjoint lui n’est pas là-dedans.

Et je sais qu’une fois j’avais fait un truc à la fois pour me faire plaisir et à la fois pour provoquer un peu ma femme, pour la faire bouger.

 

Un truc tout bête.

Je viens d’une famille très modeste. On avait peu d’argent donc quand on achetait des vêtements c’était en solde ou alors dans des magasins vraiment à petits prix.

Donc un truc tout bête que j’ai fait une fois avec ma femme, c’est que je l’ai amené dans un magasin du genre Hugo Boss, j’ai vu 2 trucs qui me plaisait et je les ai pris tout de suite.

Alors que ce n’était pas en solde. Ça m’avait couté 200 balles. Et elle est ressortie, un peu choquée. Même moi j’étais un peu choqué parce que je ne fais jamais ça d’habitude. Mais c’est juste pour me dire « Ouais on peut le faire », pour te dire « Sois détendue ! Détends-toi on peut faire plein de choses. »

Donc ce n’est pas pour autant qu’on va faire ça à chaque fois parce que pour moi ça parait toujours déraisonnable de le faire, mais si un jour t’as envie de ce truc-là on peut le faire.

 

Et dans l’esprit aussi de se dire, c’est un truc important pour moi aujourd’hui, dans les changements que ça m’a apporté, c’est le côté pratique des choses.

Aujourd’hui je me rends compte que liberté, c’est un peu abstrait comme concept.

Un des effets concrets c’est vraiment l’aspect pratique des choses, c’est-à-dire tu veux ce tee-shirt, tu veux ce polo, t’en as besoin tout de suite, tu le paies tout de suite. Tu ne vas pas te galérer à le commander sur internet pour économiser 10 euros.

  • Tu ne vas pas te galérer à attendre 3 mois à cause de quelque chose. Tu le veux, tu le prends.
  • T’as pas envie de prendre ta bagnole pour aller là-bas parce qu’il y a du trafic, que le parking c’est la galère ? Tu prends un Uber tu t’en fous.
  • Tu ne veux pas aller au magasin à côté ? Tu te fais livrer tes courses. Tu t’en fous.

Le côté pratique des choses est génial. Et c’est un des plus gros avantages je pense d’avoir un peu d’argent, c’est vraiment de pouvoir organiser sa vie pour qu’il y ait le moins de contraintes possibles, le moins de petites frictions possibles.

À devoir soit prendre ta voiture et aller là, faire des démarches.

Un des tous premiers trucs que j’avais délégué c’est le ménage.

Pour moi, c’était inconcevable de déléguer ça. Déjà ça coute de l’argent pour un service. Je n’aurais jamais pu imaginer le faire un jour. Mais quand j’ai commencé à le faire il y a longtemps, j’étais encore à Paris à l’époque, il y a quelqu’un qui vient, qui te nettoie ta maison, qui la range. Putain c’est bon quoi !

Plutôt que de passer de ton lundi au vendredi à bosser et que le samedi ou le dimanche tu prends 2 ou 3h pour faire ton ménage, là c’est fait.

 

Julien Loboda

Ça me fait sourire parce que je le fais depuis 3 ou 4 mois. J’ai enfin passé le cap. Et je te comprends complètement.

 

Michael Ferrari

Bah ouais ! tu te dis « Pourquoi je l’ai pas fait avant ?! »

 

Julien Loboda

Et puis tout le monde le sait, le raisonnement c’est de se dire « ça me coute de l’argent. ». Tu vas peut-être être d’accord, mais si tu utilises ces 2 ou 3h à bosser sur tes investissements ou sur tes business et que finalement ça te rapporte plus que ce que ça te coute, ça te fait gagner de l’argent.

 

Michael Ferrari

Alors ça c’est quand tu rationnalises un peu le truc. L’étape suivante tu vas te dire que c’est juste parce que ça m’emmerde et juste parce que je préfèrerais aller marcher 2h et me balader que juste faire ça qui est une tâche ménagère.

 

Julien Loboda

C’est sûr !

Alors tu en as parlé un petit peu, tu as partiellement répondu à la question, ce qui m’intéresse aussi c’est de savoir si tu as beaucoup de personnes, de manière générale, qui ont du mal à comprendre pourquoi, si tu es libre financièrement ou indépendant financièrement, ou en gros tu pourrais arrêter de bosser complètement et te la couler douce, pourquoi tu continues ?

 

Michael Ferrari

  • Parce que c’est intéressant.
  • Parce que j’apprends.

Souvent les gens projettent leurs propres désirs. C’est un peu le problème avec internet, c’est que les gens projettent beaucoup d’eux sur les gens qu’ils regardent. Donc comme souvent eux leur seule envie c’est d’arrêter de travailler parce que parfois, comme moi à l’époque, j’avais un job qui était bien mais je voulais l’arrêter, on s’imagine que lorsqu’on a atteint un certain niveau de réussite, ça veut dire qu’on ne doit plus rien faire.

Il y a un truc qu’il faut bien comprendre.

C’est que de toute façon, les gens qui atteignent un certain niveau de résultat, ce n’est pas le genre de personnes qui va se mettre au bord de la piscine à rien faire pendant 8h dans la journée.

Ce n’est pas le profil. Ce n’est pas le profil glandeur ou mec qui veut vivre des minimas sociaux ou je ne sais pas quoi.

Ça ne colle pas avec le profil. C’est ça déjà qu’il faut comprendre.

C’est que pour arriver là, il faut charbonner. Et une fois que tu as commencé à envoyer du travail, que tu as commencé à avoir des idées, à faire des choses, tu ne vas pas tout d’un coup tout arrêter et partir à la retraite. Tu ne vas pas aller te mettre à pêcher 4h par jour et faire du bridge l’après-midi.

Ça ne colle pas avec le profil.

Après ça ne veut pas dire que tu vas être à fond. Il y a beaucoup de gens qui suivent GaryVee et qui est à fond.

Lui mourra d’une crise cardiaque bientôt, je ne lui souhaite pas bien sûr ! je l’adore ! mais il est à fond de partout.

Moi j’ai levé un peu le pied mais il y a toujours des projets intéressants.

  • Donc pourquoi je continue ?

Parce qu’il y a toujours des projets intéressants. Le marché évolue. J’apprends des choses.

  • Moi mon moteur c’est l’apprentissage. Ça n’a jamais été d’arrêter un jour.

Ce n’est pas un objectif d’arrêter un jour. Ça n’a pas de sens. C’est même un concept de salarié j’ai envie de dire.

Arrêter de travailler ça suppose que tu travailles.

Moi je n’ai pas l’impression de travailler.

 

Julien Loboda

C’est ça en fait. C’est faire la distinction entre le travail contraintes et le travail comme tu dis où tu n’as même plus l’impression de travailler parce que c’est un plaisir finalement ce que tu fais. C’est quelque chose qui t’éclate au quotidien.

 

Michael Ferrari

Un plaisir ! Alors il y a toujours 2 ou 3 tâches dedans qui sont chiantes, on ne va pas se mentir. Moi quand mon comptable m’appelle ça m’énerve tu vois.

Je lui dis « Je sais que vous allez me faire perdre du temps et me poser des questions inutiles pour moi. Du reporting, du machin. Il faut le faire. Donc on le fait. Mais faites vite, ça m’intéresse pas ».

J’adore les comptables mais ils regardent dans le rétroviseur. Et moi le rétroviseur ça ne m’intéresse pas voilà.

 

Julien Loboda

Ce qui t’intéresse c’est d’aller de l’avant.

 

Michael Ferrari

De l’avant, ou alors qu’il utilise le rétro pour me dire attention là ou là. Mais il ne le fait pas donc…

S’il me regarde, « Bonjour ! »

Il y a toujours des contraintes dans ce qu’on fait. Mais notre force, quand on est entrepreneur, c’est qu’on peut les limiter, les réduire au maximum, les contenir pour se focaliser sur ce qui nous fait plaisir.

 

Julien Loboda

Ok. Merci parce que tout ça c’est hyper intéressant et je pense qu’il y a beaucoup de gens, comme tu dis, qui ont du mal à comprendre. Quand tu es dans le coté salarié où finalement ton objectif final est « si je suis capable de quitter mon job salarié ça parait presque inatteignable donc t’es encore une étape après.

 

Michael Ferrari

C’est ça. Les gens se demandent pourquoi t’as pas arrêté alors que déjà ils devraient se concentrer sur eux et sortir déjà du salariat. Après vous verrez.

 

Julien Loboda

Oui après vous verrez de l’autre côté. C’est différent. On ne raisonne plus pareil.

Est-ce que tu pourrais nous parler de ta plus grosse erreur ?

Parce que tout à l’heure tu parlais que tu fais des erreurs, que tu en as fais, que tu continues d’en faire. Je pense qu’on en fait tous. Est-ce qu’il y en a une où vraiment, tout confondu, tu te dis « Oula, celle-là si j’avais pu l’éviter » ?

 

Michael Ferrari

Oui. Je pense qu’une des grosses erreurs que j’ai faite ça a été de ne pas investir plus tôt et plus vite dans l’immobilier.

Parce qu’au final j’ai commencé assez tard. J’avais 28 ans. Et comme je te disais, j’en ai fait un, puis j’ai attendu 3 ans. Alors que si j’en avais fait un ou deux par an mon patrimoine serait plus important.

Alors ça ne changerait rien à mon niveau de bonheur dans ma vie aujourd’hui, mais je pense que ça m’aurait donné une autre trajectoire.

Ça je pense que ça a été une grosse erreur de ne pas investir plus tôt et plus. Tout simplement.

 

Julien Loboda

D’accord.

 

Michael Ferrari

C’est vraiment le truc que je corrigerais si je le pouvais.

 

Julien Loboda

Ok. Alors en 12 ans maintenant d’accompagnements, de conseils, de recherches sur l’investissement, l’entrepreneuriat. Tu sais qu’il y a beaucoup de gens qui fantasment, beaucoup de gens que ça intéresse, et finalement en proportion je trouve qu’il y en a bien peu qui passent à l’action, tout confondu.

Est-ce que tu as identifié, avec toute l’expérience que tu as emmagasinée, la ou les raisons principales qui font qu’il y a aussi peu de personnes qui osent passer le cap ?

 

Michael Ferrari

Oui, il y a plein de raisons pour moi.

  • La première c’est que déjà c’est difficile.

Pas techniquement mais psychologiquement, de se lancer dans ce type d’investissement. Quand personne de l’entourage ne le fait, quant au contraire l’entourage te décourage, quand toi tu n’es pas sûr du truc, que tu es plus ou moins préparé.

Il y a ce premier truc où psychologiquement c’est assez difficile. C’est nouveau. On se met en risque.

  • Le deuxième aspect, après ça dépend comme la personne est préparée, accompagnée, formée.

Si elle n’a pas tous les éléments qui la rassurent forcément elle ne va pas se sentir en maitrise de se lancer.

  • Le troisième aspect c’est que si la personne a une vie assez chargée en termes de contraintes de travail, familial ou autres, elle ne va pas forcément trouver l’espace ou créer l’espace pour se mettre à investir.

Parce que si on veut le faire soi-même ça prend quand même du temps. Ça ne se fait pas en une heure par jour. Il faut quand même s’investir. C’est une contrainte aussi importante. Si la personne n’a pas développé de gestion du temps, n’a pas de capacité à optimiser ce qu’elle fait dans son travail par ailleurs, ça peut être une grosse contrainte opérationnelle.

Je te dirais aussi que d’une certaine manière, ce qui fait que tout le monde ne se lance pas, c’est que tout le monde n’a pas besoin de se lancer pour être satisfait. Dans le sens où tu une partie des gens qui vont retirer beaucoup de plaisirs, de satisfactions, juste d’avoir suivi une formation. De se dire que j’ai compris les mécanismes, je vois un peu mieux, je le ferais plus tard. Elles ne sont pas dans la frustration de se dire « Je ne peux pas le faire », elles se disent juste « Je comprends mieux. Je vois mieux, ça a l’air bien. ».

Ça répond à leurs besoins du moment.

 

Julien Loboda

Ah oui c’est très intéressant. Il y a la satisfaction d’avoir appris quelque chose de nouveau et d’avoir compris la machine.

 

Michael Ferrari

Ouais. Parce que ce n’est pas parce que quelqu’un suit une formation qu’il veut forcément tout de suite l’appliquer. Ce n’est pas son besoin.

C’est pour ça qu’à un instant T, avec ces différents facteurs, et il y en a d’autres, il y a des gens qui ne vont pas forcément embotter le pas tout de suite.

 

Julien Loboda

D’accord. C’est intéressant. J’ai appris un truc. Je n’avais pas vu les choses comme ça, c’est intéressant.

 

Michael Ferrari

Et oui parce que dans la psychologie de la personne qui se forme la satisfaction vient de différentes formes.

 

Julien Loboda

Ok. Alors, 2007 c’était il y a un sacré bout de temps maintenant, ce qui fait que tu as de l’expérience, c’est une qualité ! Et justement ce qui m’intéresse, c’est cette expérience.

Toi tu as vu, puisque tu t’y es intéressé relativement tôt, j’imagine le marché évoluer, si tu t’es intéressé déjà à l’argent t’as dû vivre la crise 2008 différemment des personnes qui ne s’y intéressaient pas.

  • Rétrospectivement, qu’est-ce qui a changé que ce soit en business, en bourses, en immo’, depuis 2007 ?
  • Comment les choses ont évolué d’après toi ?
  • Est-ce qu’on peut encore, à notre époque, réussir des choses intéressantes ?

 

Michael Ferrari

Effectivement, comme tu le rappelles, moi quand j’ai commencé à m’intéresser à tout ça, un an après t’as le monde qui s’écroule quand même.

Alors comment ça a évolué pour moi. Déjà oui je pense qu’il est possible, de toute façon il est toujours possible, tout le temps, de lancer un business et de réussir. Ça pour moi c’est une loi universelle. Il est tout le temps possible.

Après t’as des marchés et des conditions qui sont des fois un peu plus favorables ou un peu moins favorables.

Mais des entrepreneurs il y en a toujours eu et d’ailleurs, s’il n’y avait pas des entrepreneurs le monde serait assez différent. Donc il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

 

Après, il y a un gros changement en ce moment qu’on observe, c’est tout ce qui tourne autour de la politique monétaire, des banques centrales.

Aujourd’hui il n’y a plus vraiment de prix de l’argent. Parce que les banques centrales impriment de l’argent et injectent ça dans le système financier et donc elles faussent les prix. Ça c’est un gros problème parce que ça crée des effets bulles et des effets de distorsion, d’où les prix de l’immobilier qui progressent beaucoup par rapport aux revenus et qui en sont décorrélés.

Pour voir des exemples un peu extrêmes comme à Londres ou à New-York, où pour une personne avec un job normal il n’est plus possible de se loger.

Ça crée des distorsions comme celle-ci. Donc ça, ça fait partie des problèmes.

L’avantage malgré tout c’est que les actifs sont faciles à acquérir. Donc les financements existent. Ils sont faciles à obtenir. Donc ça c’est peut-être ce qui a changé. C’est qu’autant tu te mets poste 2008, 2009, 2010, le financement immobilier c’était un peu plus compliqué qu’aujourd’hui.

 

  • Sur la partie immobilier le message c’est vraiment que le financement est hyper facile depuis 5 ou 6 ans. Les banques sont assez peu regardantes, peut-être même trop peu regardantes en France mais en tout cas c’est comme ça. C’est assez facile de tirer son épingle du jeu.

L’investissement locatif reste quand même malgré tout anecdotique en financier en France. Même s’il y a de plus en plus d’investisseurs, sur internet on en parle de plus en plus, mais ça reste malgré tout une toute petite partie de la population qui le fait. Donc je pense qu’il y a encore beaucoup d’opportunités. Alors pas forcément dans les grandes villes où là forcément il y a du monde. Mais dès qu’on sort de ça il y a encore de la place.

 

  • Et puis la partie monétaire ça influence l’immobilier et la bourse, enfin les actifs de manière générale. Sur la bourse les prix sont assez faussés. C’est difficile de savoir quel est le bon prix de tel titre ou tel titre. Il y a des méthodes d’analyses financières mais derrière comme il y a un des facteurs importants comme le coût du financement ou le coût de la dette qu’on n’a plus, c’est difficile d’avoir des analyses précises.

 

  • Et après, sur la partie business, notamment internet, là ça a beaucoup changé depuis 2007 puisqu’en 2007ça n’existait quasiment pas en France et maintenant c’est un secteur en pleine croissance. Du coup ce que ça change c’est qu’il faut être de plus en plus professionnel pour se démarquer.

Parce que comme il y a de plus en plus de personnes qui se lancent ou qui ont des business, pour se démarquer ou pour faire sa place ça veut dire qu’il faut importer un produit, un service, qui soit différenciant déjà, c’est-à-dire pas la même chose que tout le monde, parce que sinon on est juste un metoo de quelque chose qui existe déjà. Et puis surtout le faire d’une manière, avec un niveau de qualité qui soit de plus en plus élevé pour pouvoir se différencier là aussi.

 

Julien Loboda

Oui tu ne fais pas une énième formation immo’ ou une énième formation bourse.

 

Michael Ferrari

Oui voilà, ça va être compliqué. Tu peux le faire mais ça va être compliqué.

 

Julien Loboda

Oui tu fais plutôt des choses bien spécifiques comme ce que tu fais sur le financement ou la SCI par exemple.

 

Michael Ferrari

Voilà c’est ça. Nicher des choses et aller plutôt sur de l’expertise parce que tout ce qui est grand public est assez saturé, il y a beaucoup d’acteurs. Il vaut mieux aller sur de l’expertise oui.

 

Julien Loboda

D’accord. Je te remercie. Qu’est-ce que tu donnerais comme meilleur conseil à quelqu’un qui voudrait se lancer ? Immo’, bourse, internet, entrepreneuriat de manière générale. Est-ce qu’il y a un conseil qui pour toi s’appliquerait à ces 3 piliers en même temps ? ou est-ce que tu aurais un conseil ?

 

Michael Ferrari

Ce qui me vient en tête c’est que quand on se lance, peu importe le secteur, c’est de devenir un espèce d’obsédé du truc.

Il faut devenir obsédé pendant un temps, plus ou moins long, sur le secteur.

  • Lire tout ce qui se fait.
  • Manger immobilier.
  • Boire immobilier.
  • Dormir immobilier.
  • Aller voir les gens.
  • Aller sur le terrain.

Et si c’est la bourse c’est parler :

  • À des investisseurs en bourse.
  • À des traders.
  • Lire la vie des traders.
  • Voir les actions, comme ils sont gérés.
  • Quelle est la philosophie.

Tout décortiquer, comprendre. En être obsédé, surtout au début, pour acquérir une culture de ce qui existe, de ce qui se fait, de ce qui ne se fait pas.

C’est y aller vraiment à fond au début. Pas à moitié, timidement. Concrètement ça veut dire que si on a un job, on fait notre job, et puis tout le reste c’est fini les conneries. On arrête les loisirs. On arrête Netflix. On arrête Amazon. On arrête tout et on fait, on se concentre sur notre truc.

Sinon ce serait quasiment perdu d’avance.

 

Julien Loboda

Oui il ne faut pas le considérer comme un loisir, un à côté, que ponctuellement on va traiter.

 

Michael Ferrari

Ah bah si tu veux en vivre et le développer comme un business oui c’est sûr.

 

Julien Loboda

Oui je suis assez d’accord avec toi. C’est ce qui permet vraiment d’avancer vite et de faire les choses bien.

 

Michael Ferrari

Oui, on fera la semaine de 4h plus tard.

 

Julien Loboda

Ouais on a le temps encore ça va !

Est-ce que tu veux, pour terminer, nous parler un petit de tes projets à venir ? Ou quelque chose à rajouter ?

 

Michael Ferrari

Je démarre l’écriture d’un livre.

Là ce sera mon livre sur la liberté financière tout simplement, qui va être un livre où je vais raconter mon histoire avant tout et partager évidemment des leçons mais ça ne va pas être un livre technique par exemple sur l’immobilier ou ce genre de choses, qui n’est pas forcément très intéressant à lire en plus.

Là ça va vraiment être une histoire avec l’idée de donner envie aux personnes de se lancer dans l’immobilier ou dans la bourse ou sur la partie business, en tout cas de développer une forme de liberté financière.

Voilà.

C’est la big news que je n’ai pas encore trop trop annoncé donc c’est un petit teasing, une petite exclusivité.

 

Julien Loboda

C’est une bonne nouvelle, une grande nouvelle !

Je ne sais pas s’il y a grand monde qui le sait mais moi un de mes premiers bouquins sur la finance que j’ai lu c’était l’adaptation que tu avais faite de « Devenez riche » de Ramit Sethi et à l’époque où j’étais à découvert, un système financier inexistant, grâce à ce bouquin les principes que j’ai mis en place, ça fait des années maintenant et je ne m’en occupe plus, mais ça tourne toujours en automatique et les comptes sont géré en automatique et ça a été une de mes premières révélations de me dire « Ouais en fait c’est tellement simple ! C’est génial ! »

 

Michael Ferrari

En fait ça marche !

 

Julien Loboda

C’est fou ! Pourquoi personne n’y a pensé avant ! Donc c’est top. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose avant qu’on clôture cette interview ?

 

Michael Ferrari

Non, je suis très content de l’échange qu’on a eu. C’était cool.

 

Julien Loboda

Moi aussi.

Merci encore à toi d’avoir accepté d’être présent aujourd’hui et de partager ce retour d’expérience que, je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais que moi j’ai trouvé extrêmement intéressant pour te suivre depuis un moment et pour te connaitre maintenant, faire un petit peu cette rétrospective et j’espère que ça aidera un petit peu les gens qui nous ont regardé, soit à se lancer, soit à persévérer, soit à développer d’autres projets.

Enfin on a abordé un petit peu je pense toutes les étapes, du débutant à un peu plus confirmé.

J’ai passé un bon moment donc merci à toi !

 

Michael Ferrari

Merci beaucoup !

 

Julien Loboda

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Merci à vous d’être resté jusque-là, merci de votre fidélité et à bientôt sur la chaine.

Tchao !

 

Michael Ferrari

Salut !

 

 

 

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